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Festival BD les 19-20-21 juin 2009 : INTERVIEW

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La 7e édition du Festival International de la Bande Dessinée d’Ajaccio n’aura pas lieu en décembre, mais les 19, 20 et 21 juin 2009. Les fabriqueurs de cases et de bulles poussent les murs et vont désormais respirer le grand air à plein poumon. En effet, c’est désormais sur la place Foch, le vieux port et éclaté dans toute la ville d’Ajaccio que se déroulera à présent ce rendez-vous tant attendu. Découverte d’un festival au nouveau concept, avec Maria Santoni, de l’association Case et Bulle.

 

Maria Santoni, pourquoi avoir changé de date pour le 7e festival BD d’Ajaccio ?

 

Tout d’abord, il faut savoir que ce changement est définitif. Désormais, le festival BD aura lieu vers la mi-juin, à Ajaccio. Ce sera pour nous l’occasion de marquer le début de l’été avec une grande manifestation populaire déjà bien assise en Corse. Pourquoi ? Les raisons sons multiples. Tout d’abord parce que nous commencions à nous sentir un peu à l’étroit au palais des Congrès. Des milliers de personnes avaient pris l’habitude de venir à ce festival, et c’était devenu ingérable, je dirai même étouffant. Cette manifestation, qui grandit d’année en année avait besoin de plus d’espace et de liberté.

 

Le festival se déroulera donc au grand air ?

 

Oui, mais pas seulement. La première raison de ce choix est, comme je viens de le dire, une volonté de s’ouvrir sur l’extérieur et le grand air. La seconde raison est d’ordre économique : la location du palais des Congrès représentait une grande partie de notre budget global. C’est énorme pour une association culturelle comme la nôtre. La quasi-totalité des autres festivals BD en France n’ont pas ces contraintes. Pour une association culturelle qui propose un festival 100% gratuit, il n’était plus possible de continuer dans cette voie. Enfin, la troisième raison, est que nous voulons faire grandir ce festival : les diffusions de films se feront dans plusieurs salles, à Ajaccio, à la salle des Congrès, et pourquoi pas, ailleurs. Les bédéphiles pourront visiter les expositions dans toute la ville, et les rencontres avec les auteurs se feront au grand air. Ce sera l’occasion de rendre à la rue un art qui se veut avant tout populaire, non élitiste, et surtout d’utiliser les vrais atouts de la Corse : son patrimoine naturel.

 

Les expositions seront éclatées dans toute la ville ? C’est-à-dire ?

 

La salle des Congrès va bientôt rouvrir ses portes. Il existe aussi des galeries d’art avec lesquelles nous pourrions collaborer. Sans oublier nos partenaires, qui sont prêts à accueillir des planches en leurs murs. L’avantage, c’est que ces expositions seront visibles sur plusieurs semaines, et non pas seulement concentrées sur trois jours comme c’était le cas auparavant. En réalisant un festival de début  d’été, nous pourrions aussi imaginer des expositions de rue. La place Foch est un endroit remarquable sur laquelle nous pouvons tout imaginer.

 

Comment les auteurs ont-ils réagi à ce changement de philosophie ?

 

Très bien. Les auteurs préfèrent venir en Corse pour réaliser des dédicaces au grand air en juin, plutôt qu’en décembre, enfermés entre quatre murs, c’est évident. Nous avons déjà reçu de très grosses pointures de la BD ces dernières années (notamment Rosinski l’année dernière) et nul doute que cette nouvelle formule sera plus attractive et agréable pour des auteurs qui viennent souvent du nord de la France ou de la Belgique. Nous avons déjà l’accord de Tibet pour le festival de juin. En plus de cela, l’économie réalisée sur la location des structures nous permettra de faire évoluer la manifestation, en faisant venir plus d’auteurs et surtout de plus grandes pointures. J’ai assisté il y a quelques années au festival de Roquebrune, qui se déroule lui-aussi au grand air. C’est un festival qui a su mettre à profit le patrimoine naturel de sa commune, et qui est très réputé en France. Peut-être est-ce un exemple à suivre ?

 

Et vos partenaires ?

 

Ils sont ravis. Nous avons reçu le soutien de tous nos partenaires institutionnels traditionnels, qui nous aident depuis le début de l’aventure en 2002. Sans doute qu’il sera même possible pour nous d’élargir le champ de nos partenariats avec l’arrivée de nouveaux sponsors.

 

Un festival au grand air, qu’est-ce que cela pourrait apporter de plus ?

 

Déjà, nous pourrons associer la bande dessinée à la musique. Des concerts gratuits seront organisés sur la place Foch et des « concerts de dessins » verront le jour. Les spectateurs pourront voir, sur écran géant, des dessins prendre forme, lors d’un concert. Ce concept fonctionne très fort dans pas mal de festivals sur le continent. En décembre, il fait nuit à 17h00. En juin, c’est le contraire. Ce sont les jours les plus longs de l’année. Cela nous permettra d’organiser des dédicaces, des rencontres ou des spectacles en soirée, voire même en nocturne. Ce sera une nouvelle animation pendant trois jours au cœur de la ville d’Ajaccio. Cette manifestation marquera le début de l’été dans la cité impériale et en 2009, nous finirons en beauté avec le spectacle de la fête de la Musique qui se déroulera au cœur du festival.

 

Francescu Maria Antona

 

 

vendredi 24 octobre 2008 12:06 , dans INTERVIEWS


Interview du président (08/08/07)

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Frédéric Bertocchini est le président de l'association Case et Bulle, organisatrice du festival de la BD d'Ajaccio. Nous lui avons posé quelques questions.

 

Frédéric, quel bilan peut-on faire aujourd'hui, à la veille de cette sixième édition du festival de la BD ?

 

Le bilan est bon évidemment. Nous sommes partis de rien, avec notre seule passion de faire revivre la bande dessinée dans la ville et dans le département. Aujourd'hui, je crois que nous avons gagné le pari, en prouvant que le 9e art a toute sa place à Ajaccio et qu'un événement de cette envergure manquait cruellement. La bande dessinée a ce formidable pouvoir de réunir toutes les couches sociales, toutes les catégories d'âge et les familles. En ce sens, c'est un festival qui s'adresse à tous. D'autant que nous avons axé, volontairement, sur le coté populaire.

 

La bande dessinée n'est-elle pas, par essence, populaire ?

 

Elle l'a été pendant des décennies c'est vrai. Mais ce n'est plus tout à fait vrai aujourd'hui. En tout cas, ce n'est plus "que" ça. Aujourd'hui, la BD a acquis ses lettres de noblesse et les éditeurs n'hésitent pas à proposer au lecteurs des oeuvres plus élitistes. La BD "adulte" a gagné du terrain. Aujourd'hui, le 9e art, ce n'est plus seulement "Gaston Lagaffe", "Boule Bill" ou "Tintin". C'est cet aspect là que nous voulons défendre. En fait, à Ajaccio, nous avions la volonté, dès le départ, de mélanger les genres et d'éviter l'élitisme à tout prix. Nous avons, bien entendu, un programme qui intérèsse le bédéphile averti, mais aussi un programme qui s'adresse à tout le monde. D'ailleurs, les 15.000 à 20.000 visiteurs qui viennent tous les ans au palais des Congrès pour participer à cette manifestation, sont le plus souvent constitués de famille.

 

Vos partenaires vous soutiennent-ils toujours autant ?

 

Oui. Ils font en sorte que ce festival existe. Le cercle de nos partenaires institutionnels s'est élargi au fil des ans. La plupart nous ont soutenu dès la première année. D'autres nous ont rejoint par la suite. Les privés sont également de plus en plus intéréssés. C'est essentiel pour nous, car le festival est porté par une association. Sans aide, nous serions tout simplement obligé d'arrêter.

 

Connaît-on le programme pour décembre 2007 ?

 

Oui, mais il n'est pas encore rendu officiel. Il le sera très prochainement, à la fin du mois de septembre. En quelques mots, je peux toutefois vous donner quelques infos. Une cinquantaine d'auteurs sera présent. Nous avons réinvité des auteurs qui sont très appréciés ici à Ajaccio et que nous réclame le public. Et puis nous avons invité également de très grosses pointures dont l'identité sera révélée très vite. Il y aura de nouveau des expositions évidemment, des diffusions de film, un nouveau spectacle théâtral, des caricaturistes, des conférences consacrées aux mangas, des jeux-concours, des ateliers pour les enfants.

 

Un spectacle théâtral ?

 

Oui, nous avons eu cette idée l'année dernière, et ça a bien marché. Nous avons contacté la troupe des "Bidochon" et cette dernière a donné trois représentations, une privée et deux publiques. L'engouement était au rendez-vous et nous allons reproduire l'expérience cette année avec un nouveau spectacle, toujours lié à une série ou à un personnage de bande dessinée.

 

Et pour les jeunes ?

 

Nous nous rendons compte, au fil des ans, que les jeunes sont vraiment intéréssés par la bande dessinée. Les tous petits aussi. D'ailleurs, tous les ans, nous sommes obligés de renforcer le nombre et la fréquence de nos atéliers pédagogiques. Ces derniers sont réalisés dans le cadre de déplacements scolaires, mais pas seulement. Les familles participent de plus en plus spontanément à ces ateliers, de sorte que nous sommes obligés, bien souvent de refuser du monde. C'est toujours regrettable de voir un enfant rester devant la porte. C'est pourquoi nous essayons de faire en sorte que ça n'arrive pas, quitte à rajouter des séances qui n'étaient pas prévues au départ. C'est pas évident à gérer tout ça, mais nous sommes portés par la passion, en espérant susciter des vocations.

mardi 09 septembre 2008 13:31 , dans INTERVIEWS



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