Frédéric Bertocchini est le
président de l'association Case et Bulle, organisatrice du festival
de la BD d'Ajaccio. Nous lui avons posé quelques
questions.
Frédéric, quel bilan peut-on faire
aujourd'hui, à la veille de cette sixième édition du festival de la
BD ?
Le bilan est bon évidemment. Nous sommes partis de rien, avec
notre seule passion de faire revivre la bande dessinée dans la
ville et dans le département. Aujourd'hui, je crois que nous avons
gagné le pari, en prouvant que le 9e art a toute sa place à Ajaccio
et qu'un événement de cette envergure manquait cruellement. La
bande dessinée a ce formidable pouvoir de réunir toutes les couches
sociales, toutes les catégories d'âge et les familles. En ce sens,
c'est un festival qui s'adresse à tous. D'autant que nous avons
axé, volontairement, sur le coté populaire.
La bande dessinée n'est-elle pas,
par essence, populaire ?
Elle l'a été pendant des décennies c'est vrai. Mais ce n'est
plus tout à fait vrai aujourd'hui. En tout cas, ce n'est plus "que"
ça. Aujourd'hui, la BD a acquis ses lettres de noblesse et les
éditeurs n'hésitent pas à proposer au lecteurs des oeuvres plus
élitistes. La BD "adulte" a gagné du terrain. Aujourd'hui, le 9e
art, ce n'est plus seulement "Gaston Lagaffe", "Boule Bill" ou
"Tintin". C'est cet aspect là que nous voulons défendre. En fait, à
Ajaccio, nous avions la volonté, dès le départ, de mélanger les
genres et d'éviter l'élitisme à tout prix. Nous avons, bien
entendu, un programme qui intérèsse le bédéphile averti, mais aussi
un programme qui s'adresse à tout le monde. D'ailleurs, les 15.000
à 20.000 visiteurs qui viennent tous les ans au palais des Congrès
pour participer à cette manifestation, sont le plus souvent
constitués de famille.
Vos partenaires vous
soutiennent-ils toujours autant ?
Oui. Ils font en sorte que ce festival existe. Le cercle de nos
partenaires institutionnels s'est élargi au fil des ans. La plupart
nous ont soutenu dès la première année. D'autres nous ont rejoint
par la suite. Les privés sont également de plus en plus intéréssés.
C'est essentiel pour nous, car le festival est porté par une
association. Sans aide, nous serions tout simplement obligé
d'arrêter.
Connaît-on le programme pour
décembre 2007 ?
Oui, mais il n'est pas encore rendu officiel. Il le sera très
prochainement, à la fin du mois de septembre. En quelques mots, je
peux toutefois vous donner quelques infos. Une cinquantaine
d'auteurs sera présent. Nous avons réinvité des auteurs qui sont
très appréciés ici à Ajaccio et que nous réclame le public. Et puis
nous avons invité également de très grosses pointures dont
l'identité sera révélée très vite. Il y aura de nouveau des
expositions évidemment, des diffusions de film, un nouveau
spectacle théâtral, des caricaturistes, des conférences consacrées
aux mangas, des jeux-concours, des ateliers pour les enfants.
Un spectacle théâtral
?
Oui, nous avons eu cette idée l'année dernière, et ça a bien
marché. Nous avons contacté la troupe des "Bidochon" et cette
dernière a donné trois représentations, une privée et deux
publiques. L'engouement était au rendez-vous et nous allons
reproduire l'expérience cette année avec un nouveau spectacle,
toujours lié à une série ou à un personnage de bande dessinée.
Et pour les jeunes
?
Nous nous rendons compte, au fil des ans, que les jeunes sont
vraiment intéréssés par la bande dessinée. Les tous petits aussi.
D'ailleurs, tous les ans, nous sommes obligés de renforcer le
nombre et la fréquence de nos atéliers pédagogiques. Ces derniers
sont réalisés dans le cadre de déplacements scolaires, mais pas
seulement. Les familles participent de plus en plus spontanément à
ces ateliers, de sorte que nous sommes obligés, bien souvent de
refuser du monde. C'est toujours regrettable de voir un enfant
rester devant la porte. C'est pourquoi nous essayons de faire en
sorte que ça n'arrive pas, quitte à rajouter des séances qui
n'étaient pas prévues au départ. C'est pas évident à gérer tout ça,
mais nous sommes portés par la passion, en espérant susciter des
vocations.
Commentaires